ourri par plusieurs années de recherche et d’échanges, le travail mené par Philippe Bilwes et Luke Van Rooyen s’articule autour de la restitution 3D des cloîtres de Trie-sur-Baïse et de Saint-Sever-de-Rustan. À la croisée de l’archéologie du bâti, de l’étude sculpturale et des outils numériques, cette démarche cherche à rendre lisibles des ensembles aujourd’hui fragmentés, déplacés ou partiellement disparus.

Les chapiteaux, les colonnes, les bases et les arcades deviennent ainsi les points d’appui d’une enquête autant historique que sensible. Le regard de Philippe Bilwes apporte une compréhension précise du bâti, des phases de construction et des hypothèses de restitution, tandis que Luke Van Rooyen prolonge cette lecture par le scan 3D, la modélisation, l’image et les dispositifs immersifs.

L’enjeu dépasse la simple reconstruction : il s’agit de transmettre une mémoire architecturale et sculpturale, de rendre accessible au public l’histoire de ces cloîtres et d’ouvrir un dialogue entre patrimoine, création contemporaine et médiation numérique.




Petite histoire

PROJET

CHAPITEAUX

RECHERCHES


Cette première mise à disposition rassemble trois chapiteaux documentés illustrant notre méthode de travail. Chaque étude associe un relevé photographique, une modélisation 3D fidèle et une analyse scientifique afin de restituer la compréhension de l'œuvre.

Ces premiers exemples constituent les fondations d'un projet patrimonial plus vaste destiné à documenter, préserver et transmettre un ensemble de sculptures médiévales. Le développement de cette bibliothèque numérique se poursuivra progressivement au rythme des partenariats institutionnels et des futurs financements.

Tarbes, Jardin Massey, chapiteau n° 17.

Chapiteau Elie 17 JM

Descriptif

Matériau : marbre blanc des Pyrénées.

Chapiteau double « Elie et Elisée »

Deux épisodes de la vie d’Élie sont représentés sur ce chapiteau, qui appartient à une série très typée provenant du cloître des Carmes de Trie-sur-Baïse. Il s’agit ici d’un des deux chapiteaux de Trie achetés par l’abbaye de Saint-Sever-de-Rustan à la suite des restaurations, après les guerres de religion.

Élie est le premier ermite du mont Carmel, en Israël. Il est considéré comme l’initiateur, plus que le fondateur, de l’ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel qui regroupa tous les ermites qui y vivaient en 1155. Sur la face n° 2, on reconnaît le Sacrifice du Carmel. Élie, vêtu de la gonelle monastique, se trouve sur la corbeille droite. Au centre, « le feu de Yahvé tomba et dévora l’holocauste et le bois ». Au milieu des flammes, on voit le taureau dépecé. Sur la corbeille de gauche, trois hommes, portant de longues tuniques ceintes à la taille et des chapeaux à bords retournés, regardent l’holocauste.

D’après E. Tamboise, le premier personnage, le seul barbu de la scène, est un prêtre païen. Les deux autres représentent des témoins du miracle (le peuple). Sur le revers se trouve l’enlèvement d’Elie. Avec celui-ci, commence le deuxième livre des Rois et le cycle d’Élisée. Successeur d’Élie, il est donc le « premier moine » du Carmel. Il est représenté à genoux sur la corbeille gauche de la face n° 4. Au centre, le manteau d’Élie, tombant du char, investit Elisée de ses pouvoirs. Sur le premier latéral sont sculptées les armes de la famille de Rivière-Labatut qui blasonne trois épées en pal. D’après Louis Caddau, il s’agirait des armes de Bernard, conseiller et chambellan du roi, sénéchal de Toulouse.

D’après E. Tamboise 1993 & C. Brugeat 2016.

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Anscension

Chapiteau Elie 17 JM

Descriptif

Matériau : marbre blanc-gris des Pyrénées

Chapiteau double « l’Ascension et la Pentecôte », fin XVe s.

Ce chapiteau provient de l’abbaye de Saint-Sever-de-Rustan où il est décrit dans le cloître, au XIXe siècle.

Ce chapiteau clôt le thème de la vie terrestre du Christ avec l'Ascension et ouvre les portes de la Nouvelle Église avec la Pentecôte. Vingt-cinq personnages, auréolés et les mains jointes, sont répartis sur les quatre faces, les yeux tournés vers le ciel, sur chacune des corbeilles.

Au centre de la face n°4, l'artiste a sculpté les pieds et le bas de la tunique du Christ, sous l'abaque, comme s'il était en train de monter au ciel. Les empreintes de ses pieds sont imprimées sur un rocher entre la Vierge, à gauche, et saint Pierre, à droite. L'Ascension est rapportée dans les Actes des Apôtres (1, 6-11). Les Apôtres étaient encore onze puisqu'ils ne remplacèrent Judas qu'après l'Ascension, avant la Pentecôte. Ils étaient douze Apôtres le jour de la Pentecôte.

Onze sont représentés sur la face n°4. Le douzième est sur la face n°1. La Vierge est également présente sur ce côté du chapiteau. Une colombe, sortant de l'abaque, figure la descente du Saint Esprit, et onze rayons en émanent, représentation claire des langues de feu. Sculpter vingt-cinq personnages sur un même chapiteau représente un exploit technique digne d'un virtuose de la composition. Pourtant, la méthode est simple. L’artiste a tout d'abord conçu un dessin sur papier ou parchemin qui lui a servi de patron pour les deux faces principales.

Pour varier légèrement sa composition et pour des raisons de perspective, il a retourné son modèle sur la deuxième face. Le traitement des plis diffère dans leurs détails mais pas dans leurs grandes lignes. Le patron a donc servi sur une surface plate pour un travail de dégrossissage. La sculpture des détails des personnages a été faite, soit à partir d'autres dessins, soit, ce qui est beaucoup plus probable, en taille directe. La composition, pour cet atelier de sculpture, est donc un travail médité et préparé à l'avance.

D’après E. Tamboise 1993.

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Anscension

Chapiteau Elie 17 JM

Descriptif

Matériau : Marbre des Pyrénée.

Ce chapiteau est décrit dans le cloître de l’abbaye de Saint-Sever-de-Rustan, au XIXe siècle. Sa provenance originelle est toutefois inconnue.

Ce chapiteau paraît dénoncer certains vices et péchés. Ainsi, les serpents inoculent toujours le venin de l'envie. Cette dernière a tête humaine (face 2), parce qu'elle est le résultat d'un raisonnement perfide. Elle provoque la douleur et l'âme se ronge, comme la femme à l'angle n°2/3.

Elle provoque la jalousie représentée ici par un deuxième monstre (face n°1) lié au premier par l'enroulement de leurs queues. Elle est source de tristesse qui mine le personnage de l'angle n°3/4. La jalousie pousse à la ruse pour détruire celui qu'on envie ; ruse représentée par le renard. Ici, la composition est toujours basée sur l'utilisation des angles. Le centre des grands côtés est également important. Ainsi, ce chapiteau est divisé en six points privilégiés (quatre aux angles et deux aux centres des grands côtés).

D’après E. Tamboise 1993.

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L’intégrité, la créativité et l’empathie façonnent notre manière de travailler. Ce ne sont pas que des mots, ce sont les fondements de tout ce que nous créons. Nous croyons en l’excellence du travail et en l’authenticité des relations créées. Nous voulons aussi vous faciliter la tâche pour vous permettre d’obtenir les résultats que vous recherchez.